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La mise en place de l’infrastructure carbone en RDC au coeur d’une réflexion initiée par la Banque mondiale à Kinshasa

Saisir les opportunités et relever les défis des marchés carbone dans l’optique de permettre au Gouvernement de la RDC de maximiser ses bénéfices et de minimiser les risques liés à la vente des Réductions des émissions excédentaires du FCPF, telle a été la finalité ultime de l’atelier tenu du 17 au 18 mars 2026 au Sultani Hôtel de Kinshasa sur les mécanismes de marché prévu par l’article 6 de l’Accord de Paris et le Mécanisme CORSIA (Régime de Compensation et Réduction de Carbone pour l’Aviation Internationale) en RDC et opportunité pour le Programme de Réduction des Emissions du MAI-NDOMBE.


Organisé à l’initiative de la Banque mondiale en collaboration avec l’ARMCA et avec le concours technique de l’UC-PIF agissant en qualité d’Unité de Gestion du PRE du MAI-NDOMBE, cet atelier fait suite au premier tenu en octobre 2025 et approfondit cette fois-ci la compréhension des articles 6.2 et 6.4 sur l’Accord de Paris ainsi que du régime CORSIA. Ces assises ont connu la participation d’une diversité des cadres et  experts provenant notamment de différentes Directions et Structures du Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Economie du Climat,  de l’Autorité de Régulation des Marchés du Carbone (ARMCA), du Ministère des Finances, de l’équipe en charge des négociations climatiques internationales auprès de la CCNUCC, ainsi que de différentes parties prenantes concernées, le Climate Focus, le Point focal de Hamekop, la Présidence de la République avec le Conseiller Spécial du Chef de l’Etat en charge de l’Environnement, Ressources Naturelles ainsi que de l’Assemblée Nationale avec l’Honorable Député National et Président du Caucus des députés de la Province du MAI-NDOMBE.

Forêt du Bassin du Congo, acteur incontournable du marché de carbone mondial
La RDC dispose à elle seule plus de 60% des forêts du bassin du Congo avec un énorme potentiel de plusieurs millions d’hectares de forêt. Ce qui la prédispose comme un acteur majeur dans le marché mondial du carbone et la place au coeur des initiatives et projets visant la monétisation de la déforestation évitée. Tenant compte de ce fait,  le Programme FCPF de la Banque mondiale en RDC, mis en oeuvre par le biais du Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Economie du Climat (MEDD- NEC) a développé un programme pilote sur la REDD+ et les marchés carbone. 
A ce jour, ce Programme a généré près de 1,7 millions de réductions d’émission (RE) excédentaires pour la période de notification 2019-2020 et des volumes additionnels sont attendus pour les prochaines périodes bi-annuelles de notification, jusqu’en 2024.  Ces RE pourraient être commercialisées sur les marchés volontaires de carbone (MVC) ou obligatoires- dans le cadre de l’article 6 de l’Accord de Paris ou via le Régime de Compensation et Réduction de Carbone pour l’Aviation Internationale (CORSIA). De cette façon, cette  transaction pourrait constituer une opportunité pour tester l’accès du Gouvernement aux marchés carbone et appuyer la mise en oeuvre de l’infrastructure nationale des marchés carbone.  D’où, l’organisation du présent atelier qui a permis ainsi de présenter l’état d’avancement de la mise en oeuvre de l’infrastructure nationale des marchés de carbone et la notification à la CNUCC et les prérequis techniques et institutionnels de l’Article6 ainsi que les critères d’éligibilité de CORSIA auxquels la RDC devra se conformer si la décision est prise de vendre les crédits sur ces marchés.
Conscient de cette situation, M. Guy Nsima, Directeur Général de l’ARMCA (Autorité de Régulation du Marché du Carbone) a, lors du lancement des travaux de  cet atelier, insisté sur la nécessité de renforcer la crédibilité et la transparence de ce secteur qui attire de nos jours de plus en plus d’investisseurs internationaux. Aussi, il a lancé cette exhortation,aux participants en ces termes : Les échanges que nous aurons ici nous permettront de nous accorder sur une trajectoire visant à renforcer la crédibilité, la transparence et une meilleure compréhension des opportunités offertes par notre marché carbone, qui suscite un intérêt croissant des investisseurs et des communautés locales. 
Pour sa part, M. Patrice Savadogo, Chargé de ¨projet à la Banque mondiale, a indiqué que la réussite de cette ambition de faire de la RDC un acteur incontournable des marchés carbones internationaux  est tributaire d’une coordination étroite entre le Gouvernement, les régulateurs, les communautés locales et les partenaires techniques et financiers. Il sied donc de clarifier les rôles et responsabilités de chacun.
Lors de la première journée des travaux, divers exposés ont été faits notamment sur le bilan de la Contribution Déterminée au Niveau National (CDN 2.0) et un aperçu de la CDN 3.0; l’état des lieux des capacités nationales et l’opérationnalisation de l’ARMCA, un rappel sur les spécificités et les dynamiques des Marchés volontaires du Carbone, une analyse approfondie de l’article 6 de l’Accord de Paris et du Mécanisme CORSIA.
La deuxième journée quant à elle, était consacrée à la présentation des prérequis techniques et institutionnels pour la commercialisation des Réductions des émissions excédentaires en tant que ITMOs ou unités CORSIA. Ponctuée des jeux des questions et réponses sur des scénarios des cas pratiques et concrets ancrés dans le contexte congolais, la session de cette deuxième journée avait connu aussi des travaux en groupes thématiques permettant ainsi de ressortir des recommandations opérationnelles avec une feuille de route accompagnée d’action concrètes à court, moyen et long terme.

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